Sondage : les Français pensent que la démocratie fonctionne mal
Dimanche
13 Février
2011

La nouvelle aurait dû tomber comme un couperet de guillotine. Mais elle sera passée quasiment inaperçue. Tout au plus, quelques grands quotidiens ou magazines nationaux l’auront évoquée, le strict minimum syndical, en somme.

Et, pourtant, tandis que le monde arabe est ébranlé par les poussées revendicatives de la rue, lasse de régimes autocratiques et despotiques et criant son rêve de démocratie à l’occidentale, ces évènements contrastent curieusement avec ce qui se passe chez nous, en France, où un sondage récent a révélé que jusqu’à 57% des Français estiment que la démocratie fonctionne mal en France. 56% des personnes interrogées n’ont confiance ni dans la droite ni dans la gauche pour gouverner le pays. Plus spectaculaire encore, ce chiffre de 83% des sondés qui considèrent que les responsables politiques prennent peu ou pas du tout en compte leur avis.1

Il apparaît que ce désamour frappe même les élus locaux, apparemment victimes de leur incapacité à enrayer les nuisances causées par la République.

Mais comment s’étonner d’un tel résultat lorsque l’on sait que l’oligarchie républicaine règne sans partage sur la France et sacrifie les Français sur l’autel des idéologies européiste et mondialiste ? Lorsque plus de 59% des Français estiment qu’il y a trop d’immigrés en France et plus de 40% d’entre eux attendent de leur pays qu’il se protège davantage du monde, alors que nos politiques ne luttent absolument pas, autrement que par des mots, contre l’immigration ou la mondialisation marchande ?

Pourtant, ces attentes du peuple français ne sont que trop légitimes : qu’y a-t-il de choquant à voir un peuple demander que l’on protège son modèle social, son économie, ses emplois, sa sécurité et son identité ? N’est-ce pas le rôle de l’Etat ? Ne devrait-ce être la tâche des hommes politiques qui nous gouvernent s’ils n’avaient pas capitulé face aux idéologies du moment ?

Et ce désamour pour la classe politique est-il surprenant lorsque le traité de Lisbonne, comprenant quasiment mots pour mots le Traité constitutionnel européen pourtant rejeté par le peuple français le 29 mai 2005, fut adopté à la majorité des parlementaires en 2007 ? Les « élus » n’ont-ils pas ce jour-là envoyé un terrible message à leurs concitoyens : « votre vote ne sert à rien, nous faisons ce que bon nous semble, la démocratie n’existe pas » ?

Il est possible d’ailleurs d’intégrer ce sondage dans un contexte plus global de « rupture » entre le « peuple » et les « élites ». Phénomène décrit il y a plus d’une quinzaine d’années par l’intellectuel américain Christopher Lasch et qui se vérifie chaque jour. Il est possible de considérer que, à travers ce sondage, les élus prennent pour leurs congénères non élus mais sociologiquement au même niveau qu’eux : grands oligarques économiques, journalistes des grands médias, pseudo-intellectuels du PAF, artistes solidaires multimillionaires comme cette star de la pop-music ayant affirmé, toute honte bue, à Eric Zemmour qu’il était favorable à la régularisation de tous les sans-papiers, et qu’il s’en fichait éperdument que cela fasse exploser le système social français car lui « s’en sortirait toujours ».

Puisqu’à l’Alliance Royale, nous soutenons depuis notre création que la démocratie n’existe pas en France et qu’elle a été confisquée par les partis politiques et les groupes d’intérêt, nous pouvons nous réjouir de ce réveil de nos compatriotes. Car, à la désillusion doit suivre la nécessaire volonté de faire changer les choses.

Face à cette terrible désillusion, qui conduit 39% des Français à ressentir de la méfiance à l’égard de la politique, voire du dégoût pour 23% d’entre eux, c’est aux royalistes, qui incarnent la seule véritable rupture, de proposer une véritable alternative qui réconcilie les citoyens avec la politique.

Les solutions existent en effet, elles se trouvent dans le programme de la démocratie équitable. Ce programme, proposant à la fois une refonte complète de la représentation nationale, par grands corps plutôt que par le vote pour des partis, et l’intégration d’une réelle démocratie directe dans nos institutions.

Le but étant ici de rapprocher le pouvoir des citoyens, afin d’impliquer véritablement ces derniers dans le processus politique. Il s’agit de rapprocher le centre de décision pour que chaque citoyen se voit offert la possibilité d’agir concrètement, au niveau local, dans la vie politique de la Cité.

Au niveau national, la représentation idéologique, qui ne favorise que des partis politiques par essence irresponsables, serait ainsi abrogée au bénéfice d’une représentation plus concrète et plus sujette au contrôle d’un bilan par les électeurs puisque, désignés sur un mode sectoriel, ils ont à répondre de la défense d’objectifs précis.

L’élu ne deviendrait donc plus le simple titulaire d’un mandat imprécis, que l’on « déboulonne » par un simple mouvement d’humeur en le remplaçant par un autre élu qui ne changera strictement rien au système en place. L’élu serait ici arraché à cette logique partisane et technocratique pour devenir le représentant réel de ceux qui l’ont élu et de leurs intérêts.

Cette démocratie équitable serait ainsi couronnée par une monarchie, incarnant l’unité du pays, pouvant agir sur le long terme, conduire en toute indépendance des projets d’intérêt général, totalement déliée des influences des groupes d’intérêts et des partis politique. Cette monarchie devient ici indispensable puisque seule elle constitue ainsi la conciliation au niveau de l’intérêt général des intérêts sectoriels défendus par la représentation en grands corps. Elle s’incarne ainsi en clef de voute de la démocratie équitable.

Puisque le masque de la République commence à se fissurer de toutes parts, que l’escroquerie de la démocratie libérale semble de moins en moins fonctionner, c’est aux royalistes qu’il appartient de s’incarner comme la véritable rupture.

Et, par un magnifique retournement de situation dont seule l’Histoire a le secret, c’est nous, royalistes, qui devrons porter les aspirations, bien légitimes, du peuple à une vraie démocratie. Non pas une démocratie illusoire, une « religion de la démocratie » qui ne sert bien souvent qu’à masquer les ambitions oligarchiques des minorités qui la portent. Mais une vraie démocratie, mise en œuvre là où elle est utile et nécessaire, s’appuyant sur une monarchie qui œuvrera là où elle est utile et nécessaire, le tout dans une harmonieuse alchimie propre au régime mixte.

Stéphane Piolenc

1 Sondage CEVIPOF réalisé en ligne du 7 au 22 décembre, selon la méthode des quotas, auprès d'un échantillon national de 1501 personnes représentatif de la population âgée de 18 ans et plus, et inscrites sur les listes électorales. La variation est mesurée par rapport à la première vague réalisée début 2010.