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Lundi
31 Janvier
2011
15 à 20 ans de prison ferme, ce sont les peines prononcées la semaine dernière contre les quatre tortionnaires d’un jeune homme, battu à mort en 2006 à Ivry sur Seine, du fait de son homosexualité.
Si on ne peut que se réjouir de peines exemplaires condamnant un acte de barbarie, on demeure songeur sur la motivation de cette fermeté. Ce n’est pas la barbarie en elle-même qui est condamnée si lourdement, mais l’orientation « homophobe » de l’acte considéré comme une condition aggravante. Pendant ce temps, un Tony Meilhon courait en liberté, assumant pas moins de 15 condamnations passées, du haut de ses… 31 ans.
Que penser d’un système judiciaire qui pratique ainsi la règle du deux poids, deux mesures ? Que penser d’un système judiciaire qui accentuera sa fermeté non sur la base de la gravité des actes, mais sur l’orientation raciste, antisémite ou homophobe des criminels ? Que les criminels de toute espèce soient condamnés, c’est tant mieux ; mais on pourra déplorer que certaines victimes soient moins égales que d’autres…
L’Alliance royale, dans ce cas présent, déplore l’iniquité flagrante de la répartition des peines selon l’identité des victimes et la motivation idéologique haineuse des criminels. L’Alliance royale déplore l’efficacité variable de notre justice selon ces mêmes critères, et se demande s’il ne serait pas temps de faire déjà respecter les lois en vigueur de façon équitable pour tous, avant d’annoncer telle ou telle nouvelle réforme de circonstance, comme vient de le faire M. Sarkozy sur le sujet de la récidive. L’Alliance royale, avec les Français de bonne volonté, ne demande rien de plus que de voir les peines appliquées, les prisons suffisamment nombreuses pour accueillir nos criminels, et les soit disant mécanismes de réinsertion vraiment promus, pour combattre la récidive.
Mais faut-il s’étonner de la mollesse de nos dirigeants sur ces questions, tant est faible l’enjeu électoral. Pour avoir le souci de la justice à la tête de l’Etat, il faut être soi-même un justicier désintéressé, il faut être roi.
Gabriel Thibout
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