Des vœux de pré-campagne
Mercredi
5 Janvier
2011

Le Président de la République nous a fait l’honneur de ses traditionnels vœux, occasion de rappeler son bilan aux Français, et de marteler que les réformes continuaient, qu’il serait désastreux de rentrer immédiatement en campagne électorale pour 2012. Cette déclaration ne serait-elle pas une façon d’endormir l’électorat tout en préparant effectivement les élections ?

On peut le penser en regardant les réformes annoncées : « réforme de la dépendance », autrement dit l’aide aux personnes âgées ; la suppression du bouclier fiscal et l’introduction de jurés populaires dans les tribunaux correctionnels.

Ces réformes susciteront leurs lots de contents et de mécontents, mais elles ne mobiliseront pas les Français. 2011 sera, en réalité, une année calme, politiquement, afin d’apaiser les esprits, de leur faire passer la pilule de la rigueur, engagée l’année dernière. Afin d’éviter des grèves économiquement désastreuses. Alors, exit les grandes réformes sur la sécurité, l’immigration, le code de la nationalité, l’administration pénitentiaire, l’école, etc. 2011, on ne bouge plus. Il s’agirait de ne pas rater l’entrée en campagne ! A un an et demi des élections présidentielles, la machine gouvernementale s’apprête à changer de rythme politique, à ne plus être justement politique, mais politicienne. Drame terrible des échéances électorales à la tête de l’Etat, qui empêchent d’entamer les réformes courageuses dont le pays à besoin, ou bien contraignent à les abandonner aux moments cruciaux, faute de temps. Il n’est pas de jour où nous ne regretterons l’absence du roi, en repensant à cette petite phrase que Raymond Barre adressa au Président Mitterrand, et qui s’applique si bien au Président Sarkozy : « Dormez bien les petits, Tonton veille »…

Gabriel Thibout