Réponse au «Nouvel Observateur»
Jeudi
25 Novembre
2010

Ce que je vais écrire m'est venu en lisant un article du Nouvel Observateur n° 2402, où le journaliste raconte toutes les frasques politiciennes et les « Je t'aime – Moi non plus » entre François Fillon et son président. Ces deux individus ne sont en fait, comme cela est d'ailleurs le cas de nos dirigeants depuis l'avènement de la Première République, que des POLITICIENS, là où le France, depuis qu'elle est passée sous régime révolutionnaire, est cruellement en manque de POLITIQUES. Mais n'oublions pas il est vrai que depuis la Révolution Française le ridicule ne tue plus ! Pour preuve : les gesticulations et autre « remaniement » du gouvernement actuellement au pouvoir.


La différence, me direz-vous, entre le politicien et le politique peut certes paraître de prime abord anodine ou mal-placée. Elle est ténue certes, mais loin, à mon sens, d'être anodine ou mal-placée (en revanche, on souhaite nous faire croire que c'est le cas depuis l'instauration de l'éligibilité universelle). Essayons donc d'abord de définir les termes : j'appelle politique un individu (j'aurais presque envie de dire un individu idéal, au vu de l'état actuel de la situation...) qui joue un rôle actif dans la gestion de la polis au sens antique du terme, c'est-à-dire un espace, à la fois géographique et social, commun. Je crois d'ailleurs qu'il n'est pas impossible d'appliquer le concept d' action tel que le développe H. ARENDT dans La Condition de l'Homme Moderne, aux agissements du politique, qui sont par définition tournés vers l'espace public et le bien commun.


Le politicien est en revanche quant à lui un technicien de la politique, d'un type que l'on a vu apparaître avec la libéralisation de l'accès au pouvoir, c'est-à-dire qu'il se sert des moyens de gestion de l'espace commun dans le cadre d'une carrière personnelle, comme pour ajouter une ligne supplémentaire (certes ô combien prestigieuse !) sur son C.V. Le politicien cherche, tout comme dans la définition machiavélienne stricto sensu du prince, à conquérir et conserver le plus longtemps et avec tous les moyens possibles le pouvoir, afin de profiter de tous les avantages qui y sont associer (rémunération importante, augmentée pourquoi pas de 120 % ; reconnaissance publique, en bien ou en mal peut importe, mais reconnaissance tout de même ; satisfaction de l'ambition personnelle ; …). Le problème n'est pas que ces gratifications publiques soient accordées au détenteur du pouvoir, c'est je dirais chose normal pour service rendu à la patrie ; ce qui est aberrant en revanche c'est que ces gratifications soient directement recherchées par la pratique du pouvoir. Le politicien renverse en fait la donne et le problème, contrairement à l'idée machiavélienne de gestion de l'Etat qui apparaît dans Le Prince, c'est qu'il est tellement absorbé par ses jeux politiciens qu'il en oublie d'être politique, et abandonne donc la gestion de l'espace commun au profit de son propre profit !

C'est pourquoi je suis convaincu que seul un individu libéré des frasques politiciennes, à qui le pouvoir revient de droit sans qu'il est besoin de monter de stratégies d'acquisition du pouvoir, peut seul devenir un véritable politique.

Vivra le Roi !

L.V.