Justice Française : ruines et désastre
Jeudi
18 Novembre
2010

Hier, l’Union Syndicale des Magistrats de France a publié un livre passé anormalement inaperçu dans les médias : Le Livre Blanc de la Justice, écho d’un livre similaire sur la Défense publié il y a quelques années. Cette étude, réalisée sur plus de 9 mois et 165 circonscriptions, pointe du doigt les nombreux problèmes de l’administration judiciaire en France : locaux délabrés et insalubres, sous-effectifs, réformes multiples « souvent sans cohérence les unes avec les autres », etc…

Il y a donc une véritable crise de la Justice en France, sur de nombreux points : crise financière, crise juridique et crise morale. Face à ce bilan judiciaire désastreux, le président de la république a opté pour la « Politique de l’Autruche », un véritable déni de la réalité et un mépris patenté de la Justice en France. Préférant éviter les véritables problèmes et privilégier son « brassage d’air » habituel, le président Sarkozy préfère songer à réformer le système de jury populaire dans certains procès….

Au-delà d’une crise financière des magistrats, il y a deux problèmes bien plus graves qui minent la Justice française : une connivence avec la politique et une faiblesse indigne…

La connivence de certains membres de la Justice avec quelques politiciens véreux n’est pas un fait nouveau, mais celui-ci a tendance à s’amplifier dangereusement avec le temps. Renforcée par une inflation normative inhérente à l’anarchie législative sous la république, cette connivence entre la justice et la politique explique à elle seule la méfiance des français à l’égard de la justice. Il existe un moyen très simple de quantifier ce manque d’intégrité : le nombre de procès de politiciens se soldant par un non-lieu ou une peine de prison extrêmement faible : Chirac, Fabius, Pasqua, affaire Bettencourt,….Et la plupart de ces politiciens n’ont aucun scrupule à se relancer en politique comme si de rien était ! Montesquieu disait : « Il n’y a point de plus cruelle tyrannie que celle que l’on exerce à l’ombre des lois et aux couleurs de la Justice ».

La faiblesse inadmissible de la justice française porte indubitablement le sceau de l’hédonisme et du relativisme. La justice d’aujourd’hui ne donne plus de sentences véritablement coercitives, elle ne remplit plus son rôle de juge et arbitre dans notre société. Récemment, un sexagénaire de Castelnaudary a été battu par trois individus de 18 ans qui ont écopé de… 5 mois de prison et un « stage de citoyenneté » ! Cette « sentence » honteuse fait écho de la condamnation de deux multirécidivistes pour avoir torturé, volé et menacé avec arme une personne : 4 ans chacun avec deux ans de sursis... « Une justice sans force est impuissante » disait Blaise Pascal !

La Justice traverse actuellement une grave crise : les français n’ont plus confiance en elle, les politiciens profitent de sa faiblesse et la perpétuent par un habile « brassage d’air » démagogique. Il faut redonner à la Justice Française des moyens efficaces pour protéger les honnêtes citoyens, redonner de la force à cette Justice moribonde et enfin, rétablir un véritable Etat de Droit : tous les citoyens français doivent être traité avec équité et non en fonction de sa place, de son rang ou de son « ethnie d’origine ».

 

« Il faut de la force assurément pour faire tenir toujours la balance de la justice droite entre tant de gens qui font leurs efforts pour la faire pencher de leur côté »

Louis XI

 

Augustin Debacker