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Mercredi
30 Novembre
2011
Dans tous les camps, les tambours battent la générale ! Il s'agit, pour les partis en présence, de mobiliser leurs troupes naturelles avant d'aller séduire celles des autres, les 100 000 ou les 200 000 suffrages qui, à l'heure du scrutin, feront la différence. Au parti socialiste, c'est la mobilisation sur l'école ou le nucléaire. A l'UMP, on voit ressurgir la question de l'immigration. Mais avec quelle indécence ! M. Claude Guéant, ministre de l'Intérieur, après avoir joué la surprise effrayée de la découverte du trafic de drogue à Saint-Ouen, accompagnée de déclarations d'intentions martiales, frappe encore plus fort cette semaine, en déclarant sur I-télé qu'il y a trop d'entrées annuelles de migrants légaux. Pour lui, 200 000 entrées par an, c'est trop. Et M. Guéant de nous proposer une diminution de 10%, soit 20 000 entrées, ce qui nous en fait toujours 180 000 par an...
M. Guéant se moque des Français ! Il y a en France, d'après l'INSEE, 7,2 millions d'immigrés, soit 11,1% de la population totale. Toujours d'après l'INSEE, si nous ajoutons à ce chiffre celui des Français nés de parents immigrés, nous atteignons 11,8 millions de personnes, soit 23% de la population. En 2010, 23,9% des enfants nés en France avaient un parent originaire d'un pays extérieur à l'Union européenne. L'INED comptait 155 879 entrées régulières sur le territoire national en 1998, 205 707 en 2002, 217 284 en 2005, 199 658 en 2007, 211 055 en 2008.
Hors, M. Guéant hante les couloirs de l'Elysée depuis 5 ans. Son parti est aux affaires depuis 10 ans. Le Président de la République, au pouvoir depuis 5 ans, a été plusieurs fois ministre de l'Intérieur durant la précédente législature. Rien n'a été fait. La situation a même empiré.
La vérité est donc toute autre. L'actuel gouvernement, comme les précédents, par manque de courage, refuse de régler réellement la question des flux migratoires. Les rodomontades du ministre n'auront qu'un seul effet : dresser les Français les uns contre les autres, en désignant implicitement une population jugée comme indésirable ou trop nombreuse, et blessant d'autres Français, qui devront bien admettre qu'ils ont été trompés, puisqu'à l'évidence rien n'a été fait et rien ne sera fait pour régler cette question. Cette campagne électorale montre une fois de plus comment nos élites politiques se moquent de l'unité nationale, ne cherchant qu'à dresser les factions les unes contre les autres, dans un esprit partisan qui, pensent-ils, leur permettra d'emporter la mise une fois de plus. C'est le mal de la République que d'avoir dressé ces bas instincts jusqu'à la tête de l'Etat.
L'Alliance royale appelle de ses voeux la ré-instauration de la seule institution capable de faire l'unité des Français en dépit de leurs différences, la seule capable d'assimiler à l'espace national ces populations immigrées, la seule capable de prendre les mesures courageuses qui s'imposent pour accueillir l'étranger sans perdre notre identité, sans devoir subir des flux incontrôlés de populations. Cette institution c'est celle de la royauté. Un roi seul, par sa longueur de vue, sa position d'arbitre au-dessus des partis, son sens du bien commun, son incarnation même de la dignité nationale, est en mesure d'orienter l'action du gouvernement de la France dans la voie exigeante de la réconciliation nationale. C'est ce pourquoi nous nous battons.
Gabriel Thibout
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