Il faut sauver le pouvoir régalien !
Vendredi
23 Décembre
2011

Soucieux de se composer une stature internationale, M. Hollande, candidat du parti socialiste à l'élection présidentielle de 2012, a multiplié les déplacements à l'étranger, afin de rencontrer les dirigeants des différents États et de multiplier les déclarations de politique internationale. Madrid, Bruxelles, Berlin, et Rome à la fin de la semaine dernière. Ces déplacements ont été pour lui l'occasion de multiplier les déclarations à contre-courant des engagements récents de la France, manière de se donner une posture dans la critique et d'attaquer son concurrent, le Président Sarkozy.

Il y a dans ces propos un état d'esprit déplorable, consistant à ne plus savoir faire la différence entre ce qui relève du jeu politicien, interne à la France, et ce qui relève de la haute politique internationale, domaine régalien par excellence, sur lequel il convient de ne se prononcer qu'avec prudence ; les rodomontades de tel ou tel tribun chef de parti ayant surtout pour conséquence de brouiller l'image et le rayonnement de la France dans le monde, en faisant retomber sur elle les conséquences de l'amateurisme de ce genre de petits rhéteurs. Par ses agissements, M. Hollande montre son faible sens de l’État et le peu de cas qu'il fait du domaine régalien dont il pourrait pourtant avoir la garde pour 5 ans. Notamment, ses déclarations récentes sur le projet de traité européen lancé par la France et l'Allemagne, quoi que l'on puisse penser de celui-ci, ne font que brouiller les esprits des Français là où il faudrait de la clarté, et décrédibiliser notre image face à nos voisins.

Ces récentes déclarations sont symptomatiques de ce régime des partis et de cette élection présidentielle où toute forme de bien commun, d'intérêt général, s'effacent devant le souci particulier du candidat d'être élu. Pour atteindre ce but, on le sait, tous les coups, toutes les promesses sont permis. M. Hollande s'illustre en parfait représentant de notre schizophrénie républicaine, c'est à dire un brillant énarque, excellent organisateur au talent dévoyé, tourné tout entier vers sa réussite personnelle. Ainsi, après avoir joué les pères la rigueur, puis promis la création de 60 000 postes dans l'éducation nationale, pour finalement annoncer que ceux-ci seraient créés mais que d'autres postes seraient supprimés en proportion dans la fonction publique, sans préciser lesquels, puis après avoir promis le retrait de la loi sur le départ à la retraite à 62 ans, tout en annonçant un nombre d'années de cotisations équivalent à ce que l'actuelle loi prévoit, François Hollande prend maintenant position sur les engagements internationaux d'un pays qu'il ne gouverne pas encore, qu'il ne gouvernera peut-être jamais. Quand bien même cela serait le cas, on peut d'ores et déjà, avec la certitude de gagner, mettre M. Hollande au défi de réaliser le quart de ces promesses, car pour parvenir à ses fins, il lui faudrait bien les pouvoirs du Grand Turc...

M. Hollande devraient commencer par donner l'exemple du bon gouvernement dans ses domaines de compétence, afin de laisser entrevoir aux Français un avenir plus radieux. A ce titre, rappelons que la Corrèze, dont M. Hollande préside le conseil général, est le 29e département le plus endetté de France en valeur absolue, et le 1er en répartition de la dette par habitant...

Devant ce triste spectacle, l'Alliance royale lance une fois de plus son message d'espérance politique, en appelant à la réintroduction dans le débat public de la question du roi. L'institution royale, en effet, par sa stabilité et la longévité politique qu'elle procure, est la mieux à même de préserver le pouvoir régalien de cette farce électoraliste. Pouvoir régalien qui doit être en toute chose le refuge du bien-commun.

Gabriel Thibout