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Lundi
22 Mars
2010
Amertume à droite, béatitude à gauche, soulagement à la droite nationaliste, sonnant comme un désaveu de la politique menée depuis 2007 par M. Sarkozy. Entendons-nous bien, tout cela est grotesque du premier au dernier mot, car en fait, il n'y a rien de nouveau sous le soleil en ce lendemain d'élections. La majorité parlementaire conserve l'Alsace et perd la Corse, mais si les socialistes conservent toutes leurs régions avec d'excellents résultats ils perdent le Languedoc, baronie personnelle de M. Freche, plaisant trublion de la gauche française. Désaveu de la politique présidentielle? Certes. Exactement comme en 2004. Pourquoi? Parce que le zapping électoral entretenu à chaque scrutin dans notre pays depuis 1981, fait que ces élections de mi-mandat sont la seule occasion pour les citoyens de montrer leur désaccord. Autrement dit, dans notre bonne vieille république jacobine, tout le monde se fiche des régions et vote non pour un programme, des propositions, un élu local, mais contre la majorité présidentielle, faisant d'un scrutin local un enjeu national. Cette rupture est entretenue par les partis politiques, dont le but unique est la prise du pouvoir suprême, l'inaccessible fromage que les ploutocrates se partagent tous les cinq ans. Les citoyens ne sont pas si bêtes que les dirigeants politiques ne le pensent. Comprenant bien que l'on se fiche d'eux, ils ne se déplacent plus, et ceux qui se déplacent réalisent à chaque fois un vote de condamnation de la politique en place, quel que soit son parti.
Alors oui, cette élection est un non-événement de la politique nationale, confirmant la lente désaffection des Français pour la politique, et l'inconscience des leaders ne se souciant que de leur ré-élection à court terme, sans s'inquiéter une seule seconde de la fosse qu'ils creusent en ne s'occupant plus que d'eux-mêmes et non de la France.
Demeurent dans ce scrutin deux éléments soit-disant inattendus, la remontée du Front National et l'excellent score des écologistes. Le Front National ne remonte pas, il se maintient. Ce que les commentateurs politiques n'ont pas compris en 2007, trop heureux d'enterrer l'hydre qu'ils combattent avec haine depuis des années, c'est que le Front National n'a plus réellement progressé depuis les élections régionales de 1998, date du début d'un lent déclin, que ses scores se maintiennent à un niveau sensiblement égal, selon les régions, comme au plan national, et que la surprise du 21 avril 2002, comme celle de mai-juin 2007, sont des exceptions, tandis que les résultats enregistrés durant le présent scrutin reflètent la réalité électoral de ce parti. Plus inquiétant, en revanche, est le maintien des écologistes à un score élevé. Mais là encore, pas de surprise majeure. Ce qui ne laisse pas de nous faire craindre de tristes lendemains, compte tenu du taux de sympathie de ces khmers verts, chantres de la décroissance, de la dénatalité, prompts à faire de tout manquement à leur écologisme un véritable crime moral. Oui, les Français aiment ces gens, et ces gens sont dangereux derrière leurs masques d'anges, car on retrouve en germe des attitudes, des postures totalitaires, à vouloir régenter la vie intérieure même des hommes, leurs comportements les plus anodins, moralisant des phénomènes purement matériels. Faute de repères religieux sacrés, il semble que notre société se tourne, pour une part d'entre elle, vers cette nouvelle religion civile du XXIe siècle, comme ce fut le cas pour le communisme et le nazisme au XXe. Espérons qu'il ne s'agisse que d'un effet de mode.
Des résultats sans intérêts de ce scrutin, l'Alliance royale ne peut tirer qu'un seul constat : la fausse démocratie continue de s'enliser, tirant avec elle la République dans la médiocrité. Ce serait sans dommage, si le régime n'avait attaché le destin de la France au sien. Pour que vive notre pays nous appelons au retour du bon sens, à la promotion d'une démocratie équitable dans nos régions, qui responsabilisera de nouveau les acteurs politiques locaux et redonnera le goût de la chose publique aux Français. Cette réforme nous voulons l'ordonner autour de l'institution royale, gage indispensable d'un retour à la normalité politique. Ce que l'Alliance royale espère et veut pour la France, c'est un roi.
Gabriel Thibout
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